Pourquoi je dis NON à la tour des Finances (posté le 1er juin 2011)
Ce lundi 30 mai 2011, le point 31 à l’ordre du jour du Conseil communal de la Ville de Liège s’intitulait «Modification de la rue Paradis, tronçon de la rue de Fragnée et de la rue Bovy».
En clair, ce point concernait le projet de la tour des Finances que le Collège communal défend depuis des mois contre l’avis des riverains et contre l’intérêt de la population liégeoise.
J’ai voté CONTRE ce projet.
Cette tour ne s’inscrit pas en cohérence avec le projet urbanistique, elle est démesurée. Elle culminera en effet à 138 mètres (118 mètres pour la tour et 20 mètres pour la flèche) ce qui est tout à fait disproportionné à cet endroit-là.
La SNCB s’est d’ailleurs prononcée sur le dossier et, selon elle, la tour serait trop haute de… 100 mètres!
Cette tour risque de défigurer un quartier en pleine reconversion depuis la construction de la nouvelle gare des Guillemins.
Par ailleurs, et c’est la deuxième raison pour laquelle j’ai voté contre, ce projet va à l’encontre du Périmètre de Remembrement Urbain (PRU). Selon ce PRU, «le long de l’esplanade, une ou quelques «émergences ponctuelles», «d’échelle métropolitaine», seront autorisées, avec une hauteur plus élevée correspondant aux gabarits de la gare ou des immeubles des quais. Une tour peut ainsi être étudiée du côté des berges».
La hauteur de la gare étant d’environ 40 mètres, il parait clair, et logique, que le PRU autorise au maximum une hauteur similaire pour la tour des Finances.
C’est une véritable aberration urbanistique de vouloir doter le quartier des Guillemins de la plus haute tour que connaitrait le territoire de la Ville. La tour Atlas, actuel ouvrage culminant de Liège avec 87 mètres, serait dépassée de plus la moitié.
Quelle est la logique? Dans quel cadre cette tour est-elle censée s’inscrire? Le collège est-il conscient qu’il va défigurer le quartier des Guillemins? Pourquoi fait-il fi des réclamations des riverains?
Dans quelques semaines, le Collège devra se prononcer une ultime fois sur ce dossier. Je crains malheureusement que les riverains ne soient pas entendus et que le Collège vote en faveur de cette tour que l’on pourra dès lors admirer de l’ensemble du territoire de la Ville. Car ce ne sont pas seulement les riverains proches de la tour qui subiront les conséquences dommageables de celle-ci, mais c’est l’ensemble des Liégeoises et des Liégeois qui verront leur Ville surplombée de cette tour que je n’hésite pas à qualifier de «Dubaï du pauvre».
À quand un stade pour le RFCL? (posté le 02/02/2011)
Ces derniers jours, l’actualité du Royal Football Club Liégeois fut des plus mouvementées.
Je ne vais pas m’attarder sur l’aspect sportif mais, comme souvent déjà, c’est l’absence de stade et l’incertitude quant à l’avenir financier du club qui retiennent toute mon attention.
Ce dossier me tient à cœur depuis de nombreuses années. Comme nous tous, j’aurais aimé qu’il se clôture bien plus tôt. Hélas, les décisions qui ont été prises n’ont pas toujours favorisé une issue rapide et favorable.
Il y a maintenant plus de 15 ans que le RFCL est sans stade. C’est en effet le 26 novembre 1994 que le club jouait son dernier match contre le Cercle de Bruges et en janvier 1995 que le stade de Rocourt était condamné.
Depuis le début de cette législature, j’ai déposé pas moins de 2 questions orales et 3 questions écrites au Parlement wallon et au Parlement de la communauté française. Depuis 2009, j’ai également déposé 2 interpellations au Conseil communal.
Ce lundi, j'ai déposé, avec Fabrice Dreze, une interpellation relative aux nouveaux problèmes rencontrés par le RFCL tandis que, mardi, nous avons déposé deux amendements au budget 2011. Un visant à créer une cellule qui se consacrerait à l’avenir du club et le second afin d’octroyer un crédit budgétaire pour le stade du RFCL.
Avant d’en arriver aux questions et aux propositions des trois séances du conseil communal consacrées au budget 2011, permettez-moi de refaire un petit flashback sur mes interventions en faveur du club, et ce, dans les différentes assemblées parlementaires.
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Deux jours à la découverte de «Ma vie à contre-Coran» de Djemila BENHABIB (posté le 21/10/2010)
Ces 18 et 19 octobre, j’ai eu le plaisir de recevoir au Sénat et à la Maison de la presse de Liège Djemila BENHABIB pour la présentation de son premier ouvrage «Ma vie à contre-Coran».
A travers son témoignage, Djemila dénonce la montée de l’islamisme politique et dévoile ses techniques d’instrumentalisation des communautés musulmanes. Véritable cri de guerre en faveur de la laïcité, de l’égalité des hommes et des femmes et du vivre ensemble, son ouvrage n’a pas manqué d’être salué au Québec. Le courage d’une femme, qui a croisé à tous les coins de rue les manifestations les plus hostiles de l’islamisme intégriste, est ici consigné dans un essai poignant de 267 pages.
Née en Ukraine, elle a grandi à Oran, ville qu’elle quitte pour la France afin d’échapper à la terreur islamiste et aux menaces de mort qui pèsent sur sa famille. Réfugiée en France, le code de la Famille (code algérien imposé aux femmes en 1984) la rattrape pourtant. Elle s’exile alors au Québec croyant éluder toute nouvelle rencontre avec l’intégrisme.
Or, c’est précisément au Québec qu’elle décide de rédiger son ouvrage, suite aux conclusions du rapport de la commission Bouchard-Taylor chargée d’examiner les questions relatives aux accommodements raisonnables. Déguiser des demandes politiques en demandes religieuses et culturelles, c’est ce que Djemila BENHABIB dénonce haut et fort. Ces manœuvres pervertissent la démocratie et la liberté.
Son ouvrage est un plaidoyer pour la neutralité de la sphère publique afin de démasquer les fondamentalistes, pour que l’égalité des hommes et des femmes soit une «valeur non-négociable», pour un pacte social.
«Il faut se battre pour débattre et briser le silence», c’est en ces termes que Djemila BENHABIB rappelle la nécessité de mettre sur la place publique les questions du vivre ensemble. La peur et le silence servent les extrêmes.
Merci à Djemila BENHABIB pour cette enrichissante rencontre!
N'occultons plus le débat sur l'euthanasie des mineurs (posté le 30/09/2010)
L’euthanasie des mineurs est un débat difficile sur le plan moral. Il l’est d’autant plus lorsqu’on est, comme moi, mère de famille.
La mort, et encore plus, la mort d’un enfant n’est pas une question que l’on aborde à la légère.
Tout récemment, j’ai déposé une proposition de loi afin d’étendre l’euthanasie aux mineurs de 15 ans et plus. Avec celle-ci, j’entends encadrer légalement la pratique, même si elle reste très marginale, dans les unités de soins pédiatriques du pays.
En effet, alors que la loi dépénalisant l’euthanasie, votée en 2002, ne s’applique qu’aux adultes et aux mineurs émancipés, une étude universitaire a démontré l’an dernier que des «décisions de fin de vie» de patients mineurs étaient régulièrement prises dans les hôpitaux.
Plusieurs raisons objectives, plusieurs arguments ont guidé ma réflexion qui a débouché sur la rédaction de cette proposition.
Tout d’abord, je rappelle que la loi sur les droits du patient donne déjà le droit au mineur, quel qu’il soit, de refuser un traitement qui devrait lui être administré. Dès lors, pourquoi ce mineur ne serait-il pas moins capable quand il s’agit de l’issue de sa propre vie? De plus, il me semble que les jeunes d’aujourd’hui font très souvent preuve d’une maturité exceptionnelle, même au sujet de la mort.
Par ailleurs, le jeune ne doit pas être seul face à cette ultime décision. Les parents doivent y être associés. Par contre ils ne doivent pas lui imposer leur choix. La décision finale revient au jeune, encadré comme il convient, pour la prendre en toute connaissance de cause. Un jeune de 15 ans et plus est, selon moi, capable de décider seul de sa conception de la dignité. D’autant que cette capacité n’est pas présumée, mais appréciée au cas par cas par le médecin.
Ensuite, l’euthanasie des mineurs serait d’ores et déjà une réalité. C’est un débat que l’on ne peut plus occulter. En effet, en mars 2009, une étude de la VUB menée auprès de 141 infirmières occupées dans cinq des sept unités de soins intensifs pédiatriques du pays révèle qu’on y pratique des «euthanasies» sur des adolescents en fin de vie. Ce personnel revendique, à une très large majorité (89%), une extension de la loi aux plus jeunes. D’ailleurs, l’an dernier, l’Association belge des intensivistes pédiatriques avait pris position en faveur d’une extension de l’euthanasie pour les moins de 18 ans. Des médecins sont confrontés à cette demande et nous savons qu’ils y répondent.
Enfin, l’encadrement légal que je propose est plus restrictif qu’aux Pays-Bas. Des garanties sont prévues pour éviter toute dérive. Le médecin doit, avant toute chose, s’assurer, dans le chef du mineur concerné, de sa capacité de discernement et de son état de conscience au moment de sa demande. En outre, il doit consulter deux autres médecins, plutôt qu’un seul, quant au caractère grave et incurable de l’affection, en précisant les raisons de la consultation. Les médecins consultés prennent alors connaissance du dossier médical, examinent le patient et s’assurent du caractère constant, insupportable et inapaisable de la souffrance physique et/ou psychique; et confirment que le décès interviendra à brève échéance. De plus, le médecin doit s’entretenir avec les parents entourés d’une équipe pluridisciplinaire, les informer de la procédure et après le décès, de tous les aspects pratiques qui en découlent.
Comme je l’ai dit, et plus que tout autre sans doute, ce sujet est sensible. Ma proposition de loi est basée sur des faits concrets, sur des réalités constatées, il est nécessaire d’encadrer une pratique déjà demandée, parfois appliquée mais toujours délicate.
Chaque cas est différent. Pour tous, l’aide de la famille est néanmoins essentielle et les conseils des médecins sont primordiaux. Pour chaque jeune, la capacité de discernement et l’état de conscience au moment de la demande doivent être appréciés et constatés.
Je terminerai en rappelant que, dans certaines conditions, les jeunes ont droit, eux aussi, à une mort digne, empreinte d’humanité.
L'immobilisme du Ministre de la Mobilité (posté le 27/09/2010)
En février 2010, j’interrogeais déjà le Ministre Henry sur la situation financière catastrophique de la Société Régionale Wallonne du Transport (SRWT). Je lui avais alors énuméré les chiffres désastreux et les déficits annoncés pour les différentes branches de la SRWT, et par exemple, les 9,8 millions d’euros pour le TEC de Liège-Verviers.
Monsieur le Ministre m’avait alors confirmé une augmentation des tarifs de 4,8% au 1er février 2010, ce qui n’est pas négligeable. En outre, je m’étais inquiétée auprès de lui au sujet du personnel et de l’offre de transport.
Le Ministre envisageait-il de «toucher au personnel» ou de «modifier l’offre de transport qui est présentée aux usagers»?
Henry s’est-il fait berner? Ou le hold-up d’Antoine.
Alors que les TEC Liège-Verviers ne cessent de gagner des clients (en 2009, le Groupe TEC a franchi des seuils historiques), il semble que la situation financière ne se soit pas améliorée.
Pire que ça. Malgré cette situation financière abyssale, connue de tous, il semblerait que le Ministre Antoine ne se soit pas gêné pour puiser 27 millions d’euros dans les caisses de la SRWT, et ce, afin d’équilibrer son budget wallon. Ces 27 millions, issus de la revente des parts de la SRWT dans Eurobus n’auraient-ils pas été les bienvenus?
Ce mardi 21 septembre, j’ai de nouveau interrogé le Ministre Henry au sujet du budget de la SRWT mais également au sujet de ce tour de passe-passe mis en place avec André Antoine.
Comme à son habitude, Philippe Henry resta hésitant, discret et peu sûr de lui. Il me répondit que la SRWT récupérera progressivement ce montant, et ce, avec des intérêts. Quels seront ces intérêts? Comment le Ministre va-t-il les négocier? Le fera-t-il au taux du marché? Le marché fluctue m’a-t-il répondu. André Antoine est-il du même avis? Les Ministres vont-ils avoir la même vision de la fluctuation du marché ?
La situation de la SRWT, elle, ne fluctue pas. Elle est catastrophique, c’est un fait. Et ce n’est pas cet ultime épisode wallon, marquant une nouvelle fois la naïveté de l’ancien président de la Fédération des Etudiants Francophones, qui va l’aider à retrouver un équilibre financier. On sait que les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Henry a la possibilité d’utiliser une plus-value de 27 millions d’euros et se fait piquer l’argent. Il dit même «C’est de la bonne gestion» (sic.).
Il aurait pu utiliser ces 27 millions d’euros pour les plans sociaux et pour maintenir l’offre de transport. Henry n’a pas caché qu’à partir de 2012, la situation allait être catastrophique. Ce n’est pas comme ça qu’il pourra contenir la grogne sociale. Il parle de 6 millions à partir de 2011 mais c’est peu de choses par rapport aux chiffres annoncés.
En outre, il n’a rien voulu dire sur le contenu du contrat de gestion qui devrait être renégocié sous peu.
Non, tout ne va pas bien Madame la Marquise (posté le 30/08/2010)
Le 17 août dernier, dans les colonnes du Soir, Jean-Claude Marcourt plaçait, selon lui, «le MR devant ses responsabilités».
Il accusait le MR, par le biais d’un proche de Didier Reynders, de faire traîner le dossier et d’être la cause de la non participation de la SNCB à la SDLG (Société de développement de Liège-Guillemins). C’est sans doute un peu vite oublier que le PS, via son représentant bien à lui à la SNCB, est lui aussi responsable de la situation.
Selon moi, deux points sont indispensables dans ce dossier. Premièrement, la SNCB-Holding doit s’asseoir autour de la table et faire partie de la SDLG. Sans ça, la SDLG n’a pas de sens et peut être dissoute. Deuxièmement, la SNCB-Holding doit, une fois pour toutes, dire ce qu’elle veut pour le quartier. Et ensuite respecter ses engagements.
Le Collège communal liégeois porte lourdement la responsabilité des atermoiements.
Lors du Conseil communal de juin dernier, Willy Demeyer a fait voter et céder un droit de superficie à la SDLG. Au cours des discussions, je lui avais déjà demandé si, et sans avoir la fascination du pire, un plan B était prévu dans le cas où la SNCB ne donnerait pas son accord. Rien ne mentionnait en effet que la SNCB allait faire de même et je m’en suis inquiétée.
Le Bourgmestre m’avait alors répondu et je le cite «J’espère obtenir l’accord de la SNCB dans la quinzaine, et pouvoir entamer les travaux à la fin août», tout va bien Madame la Marquise. Son Echevin de l’Urbanisme, Michel Firket, annonçait, et je le cite également: «Nous sommes parvenus à un accord de principe[…] un accord doit intervenir d’ici peu, au creux de l’été».
Il semblerait malheureusement que nous soyons désormais davantage dans le creux de la vague. Vague comme le terrain face à notre gare.
La méthode du Collège dans ce dossier est à ce point caduque que même l’un des Conseillers de la majorité (Jean-Pierre Grafé) critique son Echevin. Selon lui, «c’est la méthode de la Ville qui n’est pas bonne. Il n’est pas bon d’avancer de manière unilatérale».
Dans ce dossier, les retards s’accumulent, les contradictions se multiplient. Une chose est cependant certaine à l’heure actuelle, pour pouvoir bénéficier des subsides européens, tous les travaux de voiries doivent être terminés et facturés avant la fin 2014.
C’est dans le but d’alerter à nouveau le Collège et son Bourgmestre que j’ai demandé au Collège de faire une communication sur ce dossier lors du prochain Conseil communal. Les Conseillers communaux, de la majorité et de l’opposition, doivent être tenus au courant des avancées et difficultés qui entourent ce dossier crucial pour Liège. J’ai également demandé au Président de la SDLG (qui est également Willy Demeyer) de tenir un Conseil d’administration de la SDLG début septembre afin d’informer l’ensemble des administrateurs.
Dans ce dossier, plus que dans n’importe quel autre, le sens de l’intérêt général doit primer.
Que chacun joue cartes sur table, voilà mon souhait.
Mondial, oui! Sans Jupiler, non! (posté le 30/08/2010)
Le 2 décembre prochain, la FIFA fera connaître le ou les pays sélectionné(s) pour l’organisation du Mondial 2018.
Depuis de nombreux mois, Alain Courtois et son équipe portent le projet d’organisation de la Coupe du Monde en Belgique.
Liège a déjà accueilli des matches de l’Euro de football en 2000. Il va de soi que les retombées économiques d’une nouvelle expérience telle que la Coupe du Monde seraient des plus positives pour la Ville. Je ne peux que soutenir ce projet.
Néanmoins, au milieu du mois d’août, période durant laquelle le Comité d’inspection de la FIFA visitait notre pays, des voix se sont fait entendre. Les dernières révélations dans la presse relatives aux contrats imposés aux villes hôtes par la FIFA mettent un bémolà notre enthousiasme !
Les conditions générales semblent drastiques notamment en termes de mobilité, de taxes communales, mais aussi d’exclusivité sur les espaces publicitaires. Il convient de rappeler la tentative de la FIFA d’imposer l’exclusivité de Carlsberg pendant l’Euro 2000. Les Liégeois sans Jupiler, impossible à concevoir! La FIFA compte-t-elle aussi nous imposer de repeindre le stade du Standard en mauvepar exemple?
Certains points restent obscurs. Que stipulent ces contrats? De quelle marge de manœuvre les Villes disposent-elles? Qu’est-ce qui est négociable et qu’est-ce qui ne l’est pas?
C’est dans le but d’obtenir un éclaircissement sur ces questions et de renforcer la communication que j’interpellerai le Bourgmestre de Liège, Willy DEMEYER lors du prochain Conseil communal. Des conditions, oui mais surtout de la transparence! Liège, ville candidate pour le Mondial 2018, ouimais pas à n’importe quel prix!
Fusillade à la Justice de Paix à Bruxelles (03 -06- 2010)
La population est sous le choc en apprenant la fusillade en pleine audience de ce matin dans laquelle un juge et un greffier ont été abattus. C’est un drame épouvantable. Tous les auxiliaires de justice sont aussi catastrophés.
La sécurité s’invite dramatiquement en pleine campagne électorale.
En 2008, Alain Courtois et moi avions déposé une proposition de loi visant à imposer une présence policière en permanence lors des audiences au sein des tribunaux. Mais avec regret, ce texte n’a pas été voté.
Nous craignions et redoutions un drame. Il est des moments où l’on regrette d’être visionnaire.
Téléchargez le texte ici
La Burqa? En 2009 déjà.(14-05-2010)
Le 29 avril dernier, la Chambre a voté la proposition de loi interdisant de se présenter dans l’espace public sans être reconnaissable.
Soyons clairs, cette proposition vise essentiellement le niqab et la burqa, elle a été adoptée à la quasi unanimité.
Votre servitrice avait déposé une proposition de loi sur ce sujet au Sénat, et ce, dès le 15 octobre 2009, initiant ce délicat débat et jetant le pavé dans la marre.
Ma position, comme celle de mon parti, est très claire : «Sur la place publique, la liberté doit être assortie du respect de la relation sociale. Le MR plaide pour une liberté de principe concernant l’expression de signes religieux en rue et dans l’espace public.». De plus, je rappelais que le port de la burqa ne se base sur aucune prescription coranique et que le Coran n’en fait aucune mention. Par ailleurs, au dessus de la libre expression de son appartenance religieuse, je rappelais le principe fondamental du respect physique et moral de tout individu, indépendamment de son sexe, de sa race et de sa religion. À l’inverse, la burqa incarne l’asservissement de l’individu et la déshumanisation sociale, culturelle, économique et politique.
La burqa est gênante car elle représente un extrémisme qui remet en question nos valeurs occidentales de démocratie, d’égalité hommes-femmes et de liberté. La burqa ne représente de ce fait que les musulmans les plus radicaux et les plus sectaires.
Je posais donc la question, «pourquoi attendre qu’il y ait des dizaines de femmes en burqa dans nos rues avant de prendre une position claire dans le but de défendre nos valeurs démocratiques et fondamentales?».
Malheureusement, la proposition n’a jamais été inscrite à l’ordre du jour de la commission Justice du Sénat, étape préalable à l’adoption en séance plénière, et ce, du fait du despotisme non éclairé de Philippe Moureaux sur le Sénat.
À la Chambre par contre, le président de la Commission Justice, bien que socialiste lui aussi, a accepté de faire avancer cette proposition cosignée par tous les partis de la majorité, le MR en tête.
L’essentiel est que cette proposition… voit le jour!
Non au PP! (10-02-2010)
Je participais dimanche à un débat sur la RTBF avec Mischaël Modrikamen, le Président du Parti Populaire.
«Pourquoi ne pourriez-vous pas adhérer à ce parti?», telle était la question.
Ce qui me gêne, c’est la tonalité générale du manifeste de ce parti: une «râlerie», un dépit, une rancœur contre les politiques qui ne s’occupent que d’eux-mêmes, contre les fonctionnaires qui sont tellement politisés qu'ils en deviennent incompétents, contre les étrangers qui doivent rentrer chez eux, même s'ils sont aussi Belges. Cette désaffection cultivée est le pied dans la porte du populisme, puisque la réponse du PP, c'est le recours à des "politiciens visionnaires"(sic) et c'est ça le danger: rechercher auprès d’un sauveur la réponse. On passe de la démocratie à la démiurgie. Là gît le populisme.
Je vois aussi dans ce manifeste des solutions simplistes et dangereuses: notre sécurité sociale est détricotée. Non seulement, les allocations de chômage sont drastiquement limitées dans le temps, mais l’allocation d'attente passe à la trappe. Au diable, l’accompagnement des chômeurs, leur formation, les soins de santé: si vous avez un cancer, vous devrez recourir aux médecines douces et alternatives!
Je pourrais m’étendre sur les mesures ineptes en matière de justice, mais je consacrerais trop d’énergie à ce non programme. Je me bornerai à épingler que nos fonctionnaires seront heureux de savoir que leur statut sera unifié avec celui des employés! Et des ouvriers! Dès lors, ils pourront, c'est d'une logique implacable, être licenciés comme les autres. Quel progrès!
Le PP aime les slogans, les formules incantatoires: "tolérance zéro", très trendy, "big bang "de la justice .Nous serons tous d' accord pour dire qu’aucun acte répréhensible ne doit demeurer impuni, que les peines doivent être exécutées. Nous n’avons pas attendu le PP pour proposer des peines alternatives, pour faire du bracelet électronique une peine autonome. Nul mot cependant sur la prévention, l’éducation dans le manifeste du PP.
En fait, il y a tout ce que je n’ai pas lu dans le programme du PP, les libertés individuelles qui sont le socle de notre destin commun. Il n’y a pas de droit de penser, de s’exprimer, d’aller et venir, de se cultiver, bref de vivre dignement, s’il n y a pas de droit à l’éducation, à un logement décent, si l’on vit sous le seuil de la pauvreté, si l’on a faim. Je n'ai pas vu de solidarité entre les peuples.
J'ai vu une antienne ressassée, très égoïste .Peut-être pas tout à fait de l'extrême droite, mais de la droite extrême.
Le 112 doit fournir un système de réponse multilingue (05/01/2010)
Dans la nuit du 13 au 14 novembre 2009, un jeune homme de 19 ans a perdu la vie. Descendant à pied vers l’autoroute, vêtu de noir et titubant, il fut aperçu par un automobiliste qui tenta en vain de lui faire comprendre le danger auquel il s’exposait.
Le conducteur alerta ensuite le 101 pour signaler la présence d’un piéton sur l’autoroute. Francophone, il n’est pas parvenu à se faire comprendre de son interlocutrice s’exprimant uniquement en néerlandais. Les secours n’ont donc pu intervenir. Le drame s’est produit. Happé par un véhicule, le corps sans vie du jeune garçon fut retrouvé le lendemain matin le long de l’E40.
Cet accident nous rappelle combien il est impératif que les appels vers les numéros d’urgence soient traités dans la langue de l’appelant! Pour des raisons d’efficacité et de survie, une réponse doit pouvoir être apportée dans une des trois langues nationales, à savoir le français, le néerlandais ou l’allemand, en y ajoutant au minimum l’anglais puisque notre pays se situe au carrefour de l’Europe et ce, conformément aux conditions et critères de qualité et modalités fixées par le Roi.
La proposition de loi que j’ai défendue devant la Commission de l’Intérieur et des Affaires administrative va dans ce sens. Discutée en commission ce mardi 19 janvier 2010, la proposition fait l’objet d’un accord de majorité et connaîtra une nouvelle mouture. Il sera question de permettre aux sourds et malentendants de contacter par sms les centres d’appels d’urgence et de rendre quadrilingues le centre d’appel unifié et le Centre d’Information et de Communication.
Il convient d’insister sur le fait que dans des situations d’urgence, il est parfois difficile de s’exprimer dans sa propre langue. Le barrage linguistique ne peut qu’accentuer cette difficulté. En France, pays pourtant unilingue, un service d’interprètes à distance permet de communiquer en 28 langues dans 30 départements. A Londres, on répond en 137 langues.
La Belgique est un pays trilingue; faisons en sorte que chaque citoyen ait la même chance d’être secouru et que la langue ne soit pas un obstacle.
Il y a urgence!
Quand on fait dire ce qu’on n’a pas dit! (14-12-2009)
Dieu sait pourquoi (c’est le cas de le dire!) cette vieille proposition de Philippe MAHOUX est ressortie du linceul.
On a fait dire à cette proposition ce qu’elle ne dit pas. En aucun cas, ce texte ne va à l’encontre de la liberté religieuse, bien au contraire!
Ce débat est celui de la séparation des Eglises (il faut effectivement reconnaître une pluralité de religions) et de l’Etat. Il est question de la neutralité de celui-ci et des agents qui le représentent. Je rappelle que ce principe de neutralité de l’Etat et de sa non-ingérence mutuelle dans les affaires religieuses ne date pas d’hier.
Cette proposition de loi que j’ai cosignée en 2007 n’interdit nullement les croix et les signes religieux sur les tombes, caveaux familiaux et catafalques. Si tel était le cas, jamais je n’aurais signé cette proposition.
Ce texte a doublement été déformé, par les médias, en particulier la presse flamande, qui en ont fait une interprétation peu fidèle et peu objective et par le CD&V qui s’en est servi à des fins politiciennes.
Je n’aime pas qu’on me fasse dire ce que je n’ai pas dit. Je respecte les convictions des uns et des autres. Cependant, je pense que la religion est affaire privée!
Cette histoire est montée en épingle et révèle un manque cruel d’honnêteté intellectuelle!
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