Commémoration de l'Armistice - 11 novembre 2016

DISCOURS 11 NOVEMBRE 2016

 

Mesdames et Messieurs les anciens combattants et résistants, Mesdames et Messieurs les représentants des associations patriotiques

Dames en heren oudstrijders en weerstanders, Dames en heren leden van patriottische verenigingen

Chers membres des mouvements de jeunesse,

Beste leden van jeugdverenigingen

Chers collègues, waarde collega’s,

 

 

 

C’est avec une grande joie que je vous souhaite la bienvenue ici au Sénat, au cœur même de nos institutions démocratiques, à l’occasion de la commémoration de l’Armistice de 1918. Avant toute chose, je voudrais vous remercier d’avoir participé à la cérémonie d’hommage et de commémoration au Tombeau du Soldat inconnu. En effet, cet hommage n’est pas seulement un témoignage de notre gratitude à l’égard de tous ceux qui se sont sacrifiés ou qui ont souffert pour nous rendre notre liberté pendant les guerres qui ont ravagé l’Europe. Cette commémoration est aussi une façon de dire «jamais plus». Nous ne pouvons pas nous permettre d’effacer ces événements de notre mémoire collective, car les leçons de l’histoire sont trop précieuses.

 

Benjamin Franklin, l’un des pères fondateurs des États-Unis, disait: «Il n’y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix.»   Cette vérité profonde est encore trop souvent ignorée de nos jours.   La guerre fait encore rage en Syrie, en Irak, en Afghanistan, en Libye et dans tant d’autres pays. Chaque jour, nous sommes témoin des souffrances générées par la guerre, tant à la télévision que dans nos villes et nos rues où les réfugiés affluent par milliers.

 

Dans une guerre, les gens n’ont rien à gagner: ils perdent leur emploi, leur maison, leur village ou leur ville, leurs proches, leur vie. La grande leçon à tirer d’une guerre est toujours la même: plus jamais ça! Il n’y a pas de bonne guerre. C’est pourquoi il est tellement regrettable que cette vérité soit toujours oubliée. 

 

Mais c’est aussi la raison pour laquelle je me réjouis que, chaque année le 11 novembre, des jeunes puissent rencontrer ici au Sénat des personnes qui ont connu une guerre. Des personnes qui, comme combattants, résistants ou prisonniers, ont vécu dans leur chair l’inhumanité de la guerre. Des personnes qui peuvent dire à quel point une guerre ne fait que détruire et ne construit rien. Des personnes que l’on gagne à connaître lorsqu’on veut éviter les erreurs du passé. 

 

Il convient également de signaler, pour ceux qui prennent place pour la première fois dans cet hémicycle, que cet endroit même servit de tribunal militaire à l’occupant allemand pendant la Première Guerre Mondiale. Et que c’est ici que des citoyens, qui avaient eu le courage de résister à l’occupant, furent condamnés à mort.

 

La commémoration de l’Armistice du 11 novembre 1918 n’est pas qu’un simple rappel des choses du passé; elle est aussi l’occasion pour nous de réfléchir au monde d’aujourd’hui et de demain. Car le véritable enjeu, ce sont les valeurs pour lesquelles nos parents et grands-parents se sont battus et qui demeurent, aujourd’hui encore, les piliers de notre société. Ces valeurs de liberté, d’égalité et de tolérance ont été attaquées par le passé et elles sont encore mises à mal aujourd’hui.    Les attentats terroristes à Zaventem et à Bruxelles nous l’ont cruellement rappelé. Certains continuent, aujourd’hui encore, à privilégier la violence aveugle au détriment du dialogue. L’intolérance n’est pas un spectre du passé; elle est une menace bien réelle. La liberté et l’égalité ne peuvent, hélas, jamais être tenues pour acquises. 

 

Voilà pourquoi il me paraît si important que cette rencontre entre les jeunes et ceux qui ont vécu la guerre de près ait lieu chaque année au Sénat. Le Sénat est un parlement, une assemblée, c’est-à-dire littéralement un rassemblement de personnes. Le Sénat est aussi un lieu de dialogue, un forum où chacun peut exprimer ses opinions d’une manière sereine et pacifique, défendre un point de vue sans crainte et permettre aux autres de faire de même, dans le respect et l’écoute mutuels. Le Sénat est aussi l’incarnation par excellence de cette autre grande valeur pour laquelle nos anciens combattants se sont battus: la démocratie.  

 

La vocation d’une assemblée parlementaire est de réunir des personnes, par-delà les clivages linguistiques et par-delà les générations. Elle est aussi de jeter des ponts entre le passé, le présent et le futur afin que les leçons du passé, que les générations précédentes ont souvent apprises en payant le prix fort, ne tombent pas dans l’oubli. L’attention constante que nous portons à leur courage et aux sacrifices qu’elles ont consentis est sans doute la meilleure façon de leur témoigner notre reconnaissance et de consolider aussi, dans la foulée, la démocratie de demain.

Mesdames et Messieurs, je vous souhaite un débat très fructueux et enrichissant.

 

C’est avec plaisir que je cède la parole à Walid et Jonas Muylaert, nos maîtres de cérémonie d’aujourd’hui.

 

Christine Defraigne

Présidente du Sénat

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