L'inertie coupable du Collège et de son échevin de l’urbanisme vient de faire perdre plusieurs millions aux contribuables liégeois.
L’échevin de l’urbanisme Firket est bien forcé d’avouer ce matin(Gazette de Liège de ce 12 janvier), que le dossier de l'aménagement de la future place des Guillemins, en face de la future gare, ne bénéficiera pas des moyens européens prévu dans son financement.
Avec beaucoup d’aplomb, l'échevin minimise les carences dramatiques de ce collège. Pour Firket, perdre 7 millions d’euros ce n'est pas grave !
Cet argent devra être trouvé ailleurs, nous dit-il (selon ses propos, à la Ville, à la SRWT, à la SNCB).
A la Ville ? C’est le contribuable liégeois qui va banquer.
A la SRWT ? C’est le contribuable wallon qui va casquer.
A la SNCB ? De qui se moque-t-on ? Les tensions communautaires y règnent et la tendance est de dire « pas un euro flamand pour un projet wallon ! Ce n'est donc pas la SNCB qui viendra en aide aux Liégeois.
En attendant, il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que ce sont autant de projets qu’on ne pourra pas faire à Liège à cause des budgets européens perdus.
J'ai pourtant tiré la sonnette d'alarme à plusieurs reprises. J'interpelle à ce sujet le Collège depuis plusieurs années.
Le collège, par la voix de son échevin de l’urbanisme, m'a répondu avec une telle suffisance et autosatisfaction qu'on aurait pu croire qu'ils étaient sûrs d'eux . Or, la suite des opérations m’a donné raison puisqu’on vient seulement de passer en conseil avec la convention d’architectes.
Depuis 15 ans, on sait que le TGV va passer et s’arrêter à Liège. Ce collège qui est au pouvoir depuis 18 ans invoque sa propre turpitude, c’est-à-dire son inertie, pour dire qu’il n’a rien fait. Et pourtant, un âne ne bute qu’une fois sur la même pierre ! En matière de dossiers européens ratés, le Collège s'y connaît pourtant! Faut-il rappeler la gestion du dossier du méga musée qui a déjà fait perdre des dizaines de millions de francs à la Ville.
Des renseignements vérifiés, l’ensemble du projet prévoit plus de 7 millions d’euros (300 millions de francs belges) . Mais, pour l’échevin CDH, la perte est très limitée !
Le CDH prétend réorienter vers le Grand Curtius. Or, ça ne se fait pas en deux coups de cuillère à pot. Il n’est pas possible, au niveau européen, d’opérer des vases communiquants entre des dossiers d’un coup de baguette magique rien que pour faire plaisir à l’échevin. Des dossiers pertinents doivent être montés et acceptés. En outre, l’échevin le reconnaît lui-même : ce n’est même plus d’urgence dont il est question, c’est qu’il est trop tard ! En attendant, la gare pousse devant un chancre et un quartier démantibulé. Il n’y a même pas encore eu de concertation sur le type d’aménagement qu’on y veut.
Ce quartier sera pourtant la porte d'entrée dans Liège. Outre l’habitat, des surfaces y sont disponibles pour créer des bureaux de qualités à moins de 40 minutes du centre de Bruxelles. Avec la hausse de l'immobilier bruxellois les entreprises chercheront des lieux pour implanter leurs bureaux. Liège devrait être la capitale économique de la Wallonie mais on constate que les banques et plus généralement le tertiaire délocalisent vers Namur, Charleroi ou même Bruxelles. Si la majorité PS-CDH n'avait pas attendu la fin du chantier de la gare des Guillemins pour penser l'aménagement du quartier, on n'en serait pas là !
Assurance liégeoise, Bacob, Nagelmackers, Belgique Industrielle, Winthertur, La Meuse, Crédit professionnel, ABB, AG,... Trois secteurs délocalisent en grand : assurances (plus de 1.500 emplois partis vers Bruxelles et Charleroi), banque (vers Bruxelles), presse (215 emplois délocalisés vers Namur et Bruxelles). C'est maintenant au tour de Fortis de déménager une partie de ses services hors de Liège.
Les emplois de service sont essentiellement basés en centre-ville avec toute l'activité induite que cela entend. Cette présence massive de travailleur contribue par exemple au maintien d'un tissu commercial de proximité dense et dynamique.
L'action des autorités communales pour maintenir ces activités et en attirer de nouvelles est primordiale. Le Bourgmestre de Liège par ailleurs Président de la fédération liégeoise du PS préfère le fatalisme à l'action. De quoi discute-t-il avec le ministre wallon de l’économie PS et Liégeois comme lui ? |